15 juin 2009
Le pavé de 01h30
J'ai pas envie de dormir. Sommeil, vaguement, je contre ça avec un peu de breakfast tea très sucré. Pourtant rien ne m'empêche de dormir, j'ai pas de contraintes d'horaire, de rythme à tenir ou quoi que ce soit.
Cet été me fait peur, à être immense, vide.
Créer une entreprise ?
Une semaine ou plusieurs dans le sud, peut-être.
Peut-on se payer le luxe de prendre des vacances quand on a aussi peu de thune.
Je sors plus.
Plus l'envie.
Je parle plus aux gens, vaguement sur Facebook, quelques lignes par jour sur IRC.
Sur MSN, j'ai tellement arreté de répondre aux gens qu'ils ne viennent plus, et y'a plus que mon coloc et mon copain qui me parlent sur ce truc. Je songe d'ailleurs à le désinstaller.
Mais ça serait couper le chemin à une dernière forme un peu dégénérée de communication.
J'ai envie de faire des cookies, en souvenir d'une amie qui m'a fermé sa porte.
Et ça me fait mal au coeur, bien plus qu'elle ne doit l'imaginer.
Mais bon, mon copain Timon dit toujours... on ne revient jamais... en avant !
Je suis sur la ligne. Entre demain et mercredi j'aurais mes résultats de mon S2. Savoir ce que je repasse aux rattrapages, avoir de bonnes surprises, être effarée par le nombre de choses à réviser en rentrant du Hellfest. Pour l'instant je sais que j'ai eu 2,5/20 à une option, mais bon je m'y attendais un peu.
Me renseigner sur la matière avant d'aller au partiel, cette fois.
Je peux pas me permettre de perdre encore une année. Je le dis partout, si je rate encore, j'arrete la fac. Pour faire quoi ? L'ecole de cuisine, c'est trop tard. Et puis c'est où ? Dinan ? Toulouse ? Brest ? Et ça serait quand, l'an prochain ? Et mon année, je la passe à quoi ? Ou alors, si je tente de m'inscrire pour la rentrée quand même et que je suis acceptée, je déménage en deux mois ? Je quitte colocation, potes, copain, chat ?
Ca me paralyse.
D'ici demain à mercredi, y'a trop de choses qui vont se jouer.
Ca fait quoi, de réussir son année de fac ? Est-ce que je vais passer ma vie à me poser la question ? Dans 5 ans, 10 ans, j'en rirai. Mais là, pour l'instant... ça me paralyse.
Jeudi, je pars pour le Hellfest. Vendredi, j'ai rattrapage de 15h à 16h.
Donc je devrais plutôt partir vendredi, avec un pote qui taffe pendant la journée et donc rejoint le festival que le soir.
Ou sinon, je viens jeudi, et Teo m'accompagne à Nantes/Rennes en début d'aprem du vendredi pour passer mon partiel.
C'est quand je vois ce que certains amis sont prets à faire pour moi que je me dis que j'ai désespérement besoin d'eux. Pour croire en des gens, un peu.
Savoir que je peux compter sur eux me... Je sais pas, soulage, rend sereine. Je sais que je peux craquer, avoir des idées à la con, faire les pires choses... Y'a toujours un Clem ou un Teo pour remonter le moral ou distribuer des coups de pieds salvateurs. Un Z pour raconter milles choses bizarres au milieu de la nuit, et en général toute une liste (réduite mais qui commence à avoir une place certaine dans le temps) de prénoms et de pseudos, mélangés, qui signifient tous quelque chose.
A coté du Troll, y'a un local où un mec faisait des pizzas/paninis qui est en vente. J'ai appris ça sur Facebook, où je disais que j'avais envie d'ouvrir un restaurant (regarder "Cauchemars en cuisine" me fait toujours ça, tout comme regarder Super Nanny me donne envie de m'arracher les ovaires ou de faire un enfant pour prouver qu'il est possible de l'éduquer correctement... Dur choix).
L'idée m'a effleuré, quelques secondes, remplacée ensuite par ce grand vide paralysant.
Et pourtant... Un endroit petit, un peu isolé peut-être, dans un quartier d'habitations principalement, qui offre pas grand chose niveau alternative restaurantesque (un chinois, et plus loin la rue entre St Anne et Anatole France, mais c'est plus loin...), où faire un peu de cuisine familiale, simple, réconfortante, à emporter ou sur place...
Ca me fait tellement envie.
Mais bon.
J'ai 21 ans, c'est vieux pour n'avoir que le bac, j'ai 21 ans, c'est jeune pour se lancer. Enfin c'est plus si jeune, maintenant. J'peux rewind à mes 17 ans, rater quand même mon bac, partir à Rennes, écrire une vraie charte de colocation, et ne jamais partir de Villejean ?
Nan ?
J'vois plus personne.
Hier c'était cool, y'avait le Toan et Mara à la maison, et Fitzounet. Une soirée où même fatigués, tu restes parce que t'as envie de continuer à jouer, à boire de la bière, à faire des blagues et à manger des fajitas.
Ces temps ci, je suis tout le temps fatiguée.
J'ai envie de faire du sport, bizarrement. Pas juste toute seule dans ma chambre (encore que ces jours ci c'est pas trop ça), mais dans une salle, dans une piscine... Mais j'ai pas envie de le faire seule, et on peut pas dire que j'ai un entourage très sportif (et puis on peut pas dire que je sois la motivation incarnée non plus). Ca me paralyse aussi.
Résultat, tout les jours, je me réveille vers 8-9h, je vire Raphael s'il est là, je récupère Pistache, et je dors jusqu'à 11h ou midi. Puis après je me réveille devant IRC, Facebook, PoC et mes flux RSS. Parfois je lance même MSN.
Puis après je ferme tout ça, je lance l'Eeepc pour rester sur IRC, et je joue à Cossacks jusqu'à 16h ou 17h (c'est le temps que prend une bonne partie ces temps ci).
Puis je discute de ce qu'on fait avec Raphaël, et suivant s'il vient ou pas, je m'habille et tente de retrouver une face civilisée.
Sinon je reste à glander, je mange un peu, je lis mes RSS, je nourris mes bonhommes sur Restaurant City (un simulateur de restau sur facebook trop cool), et je relance Cossacks en lançant amsn sur l'Eee pour continuer à communiquer avec le chevelu.
Et vers minuit, je vois que les gens sont partis dormir, j'ai fini ma partie, je glande une heure ou deux, et je vais dormir avec mon chat s'il est mignon, sans mon chat s'il est en quart d'heure folie "je t'attaque les pieds et tout ce qui peut bouger sous la couette".
Je sais même plus pourquoi je parle de tout ça, tiens. Je crois que j'ai juste rien de mieux à faire.
Maintenant la question se pose, j'arrive à la fin de mes idées (quoique), donc que faire après avoir rajouté quelques tags et appuyé sur "poster&publier" ?
Je pourrais tenter de poser quelques idées pour le PLC (concours de nouvelles sur PoC), histoire de définir un plan peut-être, je pourrais dessiner les milles robes et personnages qui hantent mon esprit, je pourrais aller dormir et me plaindre à Pistache que j'ai mal au dos en jouant à Spider Chaton, je pourrais me mettre à la relecture d'un des bouquins de ma bibliothèque... Je pourrais faire des cookies et penser à Charlotte, je pourrais continuer de lire mes logs MSN et penser à toute ces personnes à qui je ne parle plus et qui m'ont probablement relégué dans un coin de leurs esprits, tout comme ils ont stationné longtemps dans un coin du miens sans que je n'y prête attention, je pourrais... Je sais même pas. Prendre un bain, tiens. Pas que j'ai besoin d'être détendue, niveau détendue j'peux qu'on peut difficilement faire plus mou que moi.
J'ai même la flemme de me bouger devant la télé pour comater devant une serie ou une émission de télé réalité à la con.
Pfff.
Et là j'ai juste peur que mon navigateur plante et perde tout mon post. Alors ctrl-a, ctrl-c, et Poster&Publier.
Merci de ne pas avoir lu jusqu'ici, c'était un voyage passionnant dans mon esprit, minute après minute et réflexion après réflexion.
Je crois que, étonnament, j'ai assez bien survolé tout les trucs qui me trottent en tête ces derniers temps. Minus deux-trois choses, bien sur. Comme toujours. Les éternels sujets, doutes, souvenirs douloureux, ressassements (?), ennuis, peurs.
Si ça pouvait les atténuer un peu que je passe à quelque chose de constructif, moi ça m'irait très bien.
Bisous.
06 janvier 2009
Liiiiibre
Vers 7h30 j'ai fini mes révisions.
Lever le corps tout crispé de froid et d'envie de dormir et saturé de caféïne (enfin de théïne), rassembler des affaires.
Dehors il caillait grave sa race sa mère, ça a réveillé.
Toujours cette vieille sensation très bien décrite par le coloc d'être "comme un zombie qui vient d'être réincarné dans son corps" post-nuit blanche.
Arrivée à l'amphi, mes fiches à la main, désespérée à tenter de sélectionner quelles sont les dates les plus pertinentes à retenir deux minutes avant le début. Finalement j'ai posé mon choix sur 1455-1485 (guerre des deux Roses), 1534 (Act of Supremacy de mon nouveau pote Henry VIII), 1529-1536 (Reformation), 1649 (Beheading of Charles Ist), 1660 (Restoration) et 1688 & 1689 (Glorious Revolution & Bill of Rights).
Et bah ça tombe bien, ça a parlé de l'Eglise d'Angleterre et pourquoi elle craignait au début XVIeme, de pourquoi les Puritains étaient pas trop d'accord avec, de ce qu'était le Supremacy Act, de quelle était la politique des Tudors et de la freedom of speech du Parliament.
J'étais en mode coma avancé avec les mains qui tremblaient trop pour tenir un stylo, puis j'ai vu les questions et j'ai senti le power couler dans mes veines rabougries par l'overdose de breakfast tea.
J'ai écris Sola Fida au lieu de Sola Fide, mais vu que j'écris mal ptète que ça passera, j'ai écris Sola Scripturas au lieu de Sola Scriptura, mais comme j'écris mal ptète ça passera, j'ai pensé à parler de simonie mais ai oublié d'employer le mot "corruption", j'ai pas parlé de Tetzel mais j'ai parlé d'indulgences, j'ai évoqué la gentry et les monastères, mais j'ai pas employé le mot "grievance" qui est pourtant si classe, ni "doctrine" qui est so fancy, je crois que j'ai un peu confondu la vie de Charles I & James I et celle de Charles II et James II mais me semble que je me suis pas trompée sur à qui attribuer la Bishops War et le fait de ne pas summon le Parliament pendant 11 ans. Je me suis abstenu de citer Anne Boylen comme seconde femme de Henry VIII de peur de me tromper (alors que c'est ça), et j'ai seulement nommé sa première femme "Catherine" car son nom de famille m'évoquait un truc comme Aragorn ou Estragon (Aragon en vrai) et ça craint de faire ce genre d'erreur quand même... Etc etc
Si vous n'avez pas compris ce message, c'est pas grave.
Juste pour une fois j'suis contente de moi.
RdV dans deux mois pour chouiner sur comment j'ai raté mon semestre et que je comprend pas et la vie c'est injuste afk reroll caissière MacDo à vie.
16 décembre 2008
J'ai peur
Tout a l'heure, j'écoutais du Manigance. Bon techniquement j'ai passé mon aprem et ma soirée à écouter du Manigance (et du Malédiction et du Sortilège, mon trio heavy français fétiche), en chantant plus ou moins fort en même temps, selon si la résistance de Cristol semblait éprouvée ou pas.
J'écoutais Nomade, donc, chanson disant plus que moins:
"J'ai déjà trop perdu de mes rêves d'avant
Je me suis obstiné à vouloir vivre sans
Je vivrai mes excès peu importe le prix
J'ai déjà choisi devenir un nomade
Un homme sans garantie
Je te laisse ma vie telle que tu la vois
Et j'emporte celui qu'au fond tu ne connais pas"
Bon Manigance c'est grandiloquant, fier, arrogant, terriblement sexy et outrageusement français.
J'adore, c'est ainsi, je n'y peux rien, j'ai toujours aimé les gens arrogants (mais pas suffisant), sûrs d'eux (mais pas fat), qui savent ce qu'ils veulent (sans être vaniteux) et le dire (sans être ampoulés ou prétentieux). Je n'aime pas la modestie, ni les manières. J'aime les gens qui me disent "je suis meilleur que toi" (c'est faux), ça me plait terriblement. Le défi, la beauté de la confrontation, tout ça.
Bref, ce n'est pas le sujet du tout.
Donc, j'ai peur.
J'ai peur de deux choses :
- Construire quelque chose de solide, me poser quelque part, et tout voir s'écrouler suite au départ de la personne avec qui j'ai choisi de construire quelque chose.
J'ai terriblement peur d'être abandonnée ; de dépenser de l'énergie, de la passion, du coeur et de voir tout ça être réduit en miettes. De ne pas m'en relever.
Quand je vois la difficulté que j'ai eu à me remettre de ma rupture avec Ole Markus (alors qu'on est restés ensemble à peine plus d'un an et demi), j'appréhende une rupture qui surviendrait après des années d'effort, de construction, d'amour donné. J'appréhende d'être piétinée encore et encore.
Je ne suis pas du genre à papillonner, à coucher à droite à gauche, à sortir avec quelqu'un juste "comme ça". Pour autant, je me vois pas finir ma vie avec chacun de mes petits amis, ça serait infernal sinon, et je suis resté avec des gens sans grande raison, juste parce qu'on était bien ensemble.
(C'est pour cela que, quand Guillaume a décidé que je serais son tenga d'un soir, ça m'a autant blessé, vu qu'il était parfaitement au courant de tout ça, et que je répugne ce genre d'actes)
- J'ai peur de moi. De pas être capable de garder quelque chose que j'ai construit debout. De tout envoyer valdinguer un jour ou l'autre, et de partir élever des poneys en Tanzanie.
J'ai peur car je ne suis pas "stable", et car je ne peux pas dire à quelqu'un "aie confiance en moi". Pas d'un point de vue fidélité amoureuse, où je pense être assez irréprochable (si on exclue un malheureux épisode il y a 3-4 ans dont on ne reparlera pas hein Nihi :( :p). Mais d'un point de vue... comportemental.
J'ai peur de l'habitude, du quotidien. J'ai peur d'oublier de regarder l'autre pendant de longues minutes sans rien dire, j'ai peur de ne plus être vue.
J'ai peur de me retrouver à bord d'un avion, un beau matin, en ayant laissé tout derrière moi sans y réfléchir.
C'est ptète pour ça que j'aime pas garder de l'argent, ptète sinon je serais partie faire le tour de tout ce dont je parlais quelques posts plus bas, et j'me serais installée dans une yourte quelques années plus tard, sans jamais revenir.
(bon ok, je divague grave)
Mais bref. J'ai peur, c'est tout.
